300 pages / 15,5 x 24 cm / 2003 / 22, 00 
ISBN-13 : 978-2-7297-0733-0

Le Partage des savoirs

XVIIIe-XIXe siècles

Dirigé par :
Lise Andries

Avec le concours de :
Centre LIRE

L'objet de ce livre est d'étudier les différentes étapes de la transmission des connaissances aux XVIIIet XIXsiècles et d'observer dans quelle mesure cette transmission s'est effectuée dans la littérature.

Le XVIIIe siècle s'est intéressé aux sciences, surtout à l'astronomie, à l'histoire naturelle et à la chimie mais cet intérêt était souvent associé à des pratiques de sociabilité mondaine et aristocratique. Rendre la science « populaire », c'était être capable de la rendre aimable auprès des gens du monde. L'intérêt pour les sciences est évidemment aussi l'une des grandes caractéristiques de la pensée des Lumières. Or l'étude de la diffusion des savoirs permet de voir à quel point le grand rêve encyclopédique initié en 1751, au moment où paraissent les premiers tomes de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, se développe et se prolonge tout au long du XIXe siècle. La Révolution ne marque pas un temps d'arrêt dans ce domaine. Bien qu'il existe pendant la Terreur une certaine méfiance à l'égard du monde savant, la Révolution est surtout le moment où l'utopie d'une pédagogie des sciences destinée à tous, telle que l'avaient rêvée certains philosophes des Lumières, devient réalité. Les écrits de Condorcet qui consacrent la prééminence des sciences sur les belles lettres, la fondation de l'École polytechnique et du Conservatoire des arts et métiers, la création de l'Institut en 1795, tout converge pour placer le savant au cœur de la cité et lui faire jouer un rôle social de premier plan. Bientôt se développent des journaux et des collections spécialisés dans la diffusion des sciences et des techniques qui s'adressent au grand public. Le cercle de la transmission s'est considérablement élargi : les amateurs éclairés du XVIIIe siècle cèdent la place à tous ceux, enfants, femmes et autodidactes issus des élites ouvrières, qui considèrent que l'émancipation sociale passe par le combat contre l'ignorance.
De cet élan, de la conviction que le progrès des sciences entraîne le progrès moral et conduit au bonheur de l'humanité, la littérature s'est fait largement l'écho. Au XVIIIe siècle, on en trouve les premiers signes chez des écrivains comme Sade, Révéroni Saint-Cyr et Louis-Sébastien Mercier. Mais c'est au XIXe siècle que la science entre vraiment dans les romans, d'abord par l'apparition de personnages de médecins, d'ingénieurs et de savants, ensuite par l'intrusion du discours savant dans le discours littéraire et, à l'inverse, du discours littéraire dans le discours savant. Sans prétendre à l'exhaustivité, nous avons donc analysé d'une part les modalités du discours permettant de relever les points de recoupement entre ces deux registres. Nous avons étudié ensuite les formes de la vulgarisation en choisissant des exemples tirés des textes de presse, des correspondances privées et de la littérature enfantine. Nous nous sommes enfin attachés à quelques études de cas pour aborder les domaines privilégiés de la vulgarisation scientifique, les sciences naturelles, la médecine et l'astronomie.

Ont participé à ce livre réalisé dans les équipes XVIIIe-XIXe siècles de l'unité de recherche Littérature, idéologies, représentations aux XVIIIe et XIXesiècles (CNRS-Université Lumière Lyon 2) : Jean-Christophe Abramovici, Gilles Adam, Lise Andries, Marie-Laure Aurenche, Claire Barel-Moisan, Gilles Denis, Stéphanie Dord-Crouslé, Andreas Gipper, Florence Lotterie, Anna Mandich, Anne-Marie Mercier-Faivre, Marie-Emmanuelle Plagnol, Bärbel Plötner, Philippe Régnier, Denis Reynaud.

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