360 pages / 15,5 x 24 cm / 1982 / 15, 55 
ISBN-13 : 978-2-7297-0131-4

Assises régionales de la recherche et de la technologie

Grenoble, 6-7 novembre 1981. Rhône-Alpes

De :
Collectif

DISCOURS DE MONSIEUR LOUIS MERMAZ,
Président de l'Assemblée Nationale

Au cours des vingt années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, les scientifiques ont vécu dans la perspective d'une grande politique de recherche. Des objectifs ambitieux ont été formulés, des institutions nouvelles ont fleuri de tous côtés, des budgets et les effectifs de recherche se sont accrochés à des courbes de croissance exponentielle.
Mais depuis dix ans la situation s'est profondément modifiée, un brusque renversement de tendance s'est fait sentir au début des années 70 qui n'était pas le fruit du hasard. L'Etat s'est en quelque sorte désengagé au nom d'un laisser-faire.
En dix ans la dépense de recherche est passée de 2.2% à 1.8% du PIB. Pendant le même temps, aux USA, en RFA et au Japon, c'est l'inverse qui se produisait et dans ces deux pays les crédits publics de recherche sont actuellement supérieurs à 2% du PIB.
En dix ans, la France a été reléguée au 5è rang des puissances mondiales, derrière les USA, l'URSS, la Grande-Bretagne et le Japon qui ont pris sur nous une avance considérable.
Face à une telle dégradation de notre potentiel de recherche, il nous fallait réagir, redonner confiance à nos chercheurs, rompre leur isolement, doter la France d'une grande politique de recherche.
L'objectif fixé par le Président de la République est ambitieux puisqu'il vise à porter l'effort national de recherche de 1.83% du PIB en 1980 à 2.5% en 1985, mais la relance de l'effort national de recherche ne nous permet pas de demi-mesure si nous voulons regagner le peloton de tête.
La nomination d'un Ministre d'Etat à la tête d'un grand Ministère de la Recherche et de la Technologie marque bien la volonté du Président de la République de faire du développement de la recherche l'une des priorités de la nouvelle politique de la France.
La réalisation de cet objectif nécessite donc une intensification progressive mais forte des actions de recherche et de développement technologique menées tant par les entreprises que par l'Etat.
L'Etat engagera dès 1982 près de 45 milliards de francs de crédits de recherche ; il suffirait alors que la contribution des entreprises atteigne comme prévu 30 milliards de francs pour que l'effort national de recherche et de développement technologique soit à la hauteur de 75 milliards de francs, soit 2.05% du PIB : ce serait là, dès 1981, le début du redressement attendu.
Cependant, une grande politique de recherche ne se réduit pas à un effort financier. La recherche est avant toute chose une affaire d'hommes et de femmes créateurs et responsables. Il faut en finir avec la situation créée par dix années de marginalisation croissante des scientifiques et des technologues.
Il faut rassembler et élargir la communauté scientifique et lui redonner sa juste place dans la nation.
A un moment où notre pays est engagé dans un effort vital pour son avenir, il est primordial que la communauté scientifique et technique se mobilise et participe activement à l'élaboration de la nouvelle politique de recherche.
La proposition du Ministre de la Recherche et de la Technologie, Jean-Pierre Chevènement, de faire précéder l'élaboration de la loi de programmation par une large consultation de tous ceux qui participent à la recherche marque clairement le souci qu'a le gouvernement de donner à la communauté scientifique les moyens de s'exprimer sur tous les aspects sociologiques, économiques, culturels de la recherche.

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