526 pages / 20,5 x 14 cm / 1982 / 14, 94 
ISBN-13 : 978-2-7297-0149-9

André Gide & François-Paul Alibert

Correspondance1907-1950

De :
François-Paul Alibert
André Gide
Claude Martin

« Il n'y a, André Gide, de plus grand que vous, à mes yeux, que l'amour dont vous avez été entouré. Et même si vous pouvez mesurer toute l'affection que vous avez inspirée à François-Paul Alibert, vous ne saurez jamais tout à fait ce que vous avez été dans cette vie de poète et quel charme vous avez répandu sur elle. C'est à vous, exactement, que cette vie doit de n'avoir que son ombre dans sa suite d'années. Permettez -moi de penser un peu à cela devant vous et de m'interroger plus secrètement que dans la solitude sur cette incidence merveilleuse… Il y a un point d'où votre génie, votre gloire apparaissent comme la caution de cette opération incroyable à laquelle je suis si fier d'avoir, du moins en tant que témoin, un peu participé. C'est dans la connaissance de celui que vous êtes qu'Alibert a pu avoir sa conscience comme une clarté morale grâce à vous assez grande pour que notre ami y puise toute la force, toute la douceur maternelle où il devait s'élever. Jamais je ne saurai vous rendre sensible le respect que j'éprouve devant cette hauteur d'une grâce dont vous avez été l'instrument et qui à mon sens n'opère aucun partage entre votre génie et la vertu de cette amitié où il mettait tant de lumière. Tant de fois, pris comme je l'étais par l'étude de votre œuvre, tant de fois j'ai entendu votre nom dans une voix attendrie, et j'ai si bien approfondi, alors, l'apaisement de reprendre connaissance au plus haut du vertige intellectuel, de redevenir homme sans me détourner des pensées où je vous suivais, tant de fois je me suis délassé de mon admiration à l'ombre de cette amitié que vous avez rendue si attentive, que, malgré moi, je donne l'accent de la reconnaissance à ces réflexions élaborées de sang-froid et qui demanderaient qu'on y puisât la matière d'une longue méditation morale. J'ai profondément admiré et envié Alibert. Il ne m'a fallu que quelques mots de vous pour comprendre que j'étais admis à ce bienfait et que c'était beaucoup, déjà, que d'avoir eu l'aubaine d'en trouver les clefs. » Joë BOUSQUET, Lettre à André Gide, 1938
(Correspondance, Gallimard, 1969, p.81-2)

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