271 pages / 16 x 24 cm / 1977 / 33, 54 
ISBN-13 : 978-2-7297-0005-8

Le Poème de l'âme par Louis Janmot

Étude iconologique

De :
Elizabeth Hardouin Fugier

Introduction
Me pardonnera-t-on d'avoir submergé le Poème de l'Ame sous une masse de références, d'analyses et de réflexions groupées en une  « étude iconologique » qui l'emporte par le volume sur l'œuvre qu'elle tente d'éclairer ? Ces 34 panneaux, près de 4000 vers, cette centaine d'esquisses, de cartons, traduisent 46 ans de labeur. Encore faudrait-il ajouter les dizaines de dessins préparatoires repérés et non retrouvés, tous les brouillons de poésie dont on ne sait rien, et les projets eschatologiques de Janmot - car notre Poème n'est que la moitié de la réalisation prévue ; devaient suivre les deux volets figurant « la vie active de l'ame sur terre et la vie active au-delà des Temps ». L'intuition d'Ozanam tombe juste, lorsqu'il qualifie les travaux de son ami « d'œuvre de sa vie ». Pourtant le jeune professeur ne la connaît que par confidences, et morra sans l'avoir vue.

L'ambition de Janmot est si démesurée qu'à suivre ses traces dans de multiples domaines littéraires, artistiques, scientifiques, spirituels, métaphysiques, psychologiques, l'éxègète du Poème risque à son tour de s'arrêter à mi-chemin.

Mon unique, mais immodeste prétention est d'ouvrir une voie d'interprétation, non de l'épuiser. De grande intelligences ont soupçonné l'intérêt de l'œuvre. Delacroix et Baudelaire, Chenavard et Laprade, malgré des critiques parfois acerbes, ont été attirés, voire fascinés par les tableaux. D'aussi illustres appréciations m'ont incitée à poursuivre la prospection. Sans négliger de situer l'œuvre de Janmot dans son contexte culturel et individuel (première partie, Naissance et vie du Poème de l'Ame), j'ai résolument appliqué à l'étude de la thématique (deuxième partie) des techniques du XXe siècle, que Janmot n'a pas connues et réprouverait peut-être : mais la physique nucléaire n'ouvre-t-elle pas à la compréhension de la pierre taillée ? On espère qu'une nouvelle dimension, de nouvelles perspectives en sortiront, que l'artiste lui-même était loin de soupçonner. L'œuvre solide est celle qui affronte sans dommage les années et les hommes.

Après une éclipse presque totale pendant un demi-siècle, le Poème de l'Ame revoit le jour. La ville de Lyon en 1950 doit son legs à la générosité des descendants, à la clairvoyante ténacité de Monsieur René Jullian, et à l'indomptable volonté du petit-fils de l'artiste, Aloys de Christen.

La Ville de Lyon, en publiant (avec les Presses Universitaires de Lyon) mon étude - je ne saurais assez la remercier - veut rendre hommage à Louis Janmot, son enfant si longtemps méconnu, et exprimer sa gratitude aux descendants pour ce don hors de l'ordinaire.

Je rencontrai Aloys de Christen pour la première fois en juillet 1966 à Chenac. Il y a donc plus de dix ans que nos chemins, pourtant si dissemblables, se sont croisés. Depuis ils n'ont cessé d'être confondus dans la quête ardente de l'œuvre de Janmot. La mort elle-même n'a pas pu les séparer, ni faire taire la voix d'Aloys de Christen. Car de sa passion pour l'œuvre de son grand-père est née la mienne.

Mon livre est donc aussi son livre : à la mémoire d'Aloys de Chisten, en ce premier anniversaire de sa disparition, avec ferveur je le dédicace.
Lyon, 31 août 1976.

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