272 pages / 15,5 x 24 cm / 2015 / 22, 00 
ISBN-13 : 978-2-7297-0892-4

Patrimonialisations croisées

Jeux d'échelles et enjeux de développement

Dirigé par :
Olivier Givre
Madina Regnault

La notion de « patrimonialisation » désigne certes une tendance à la production croissante de « patrimoines », par des acteurs hétéroclites (institutions nationales ou internationales, acteurs locaux, société civile) et à des échelles locales et globales fortement intriquées. Mais le terme a également intégré le vocabulaire des sciences sociales, au croisement de plusieurs champs de recherche et de nombreux débats théoriques et méthodologiques. Normative pour les uns, heuristique pour les autres, la question de la patrimonialisation est loin de faire consensus. Les processus patrimoniaux constituent néanmoins un observatoire privilégié des rapports entre affirmation de valeurs et prescription de normes, entre situations locales et dynamiques globales.

Basé sur des enquêtes de première main diverses par leur provenance géographique et leur ancrage disciplinaire, cet ouvrage explore certaines de ces patrimonialisations croisées. Des indiens Shuar d’Équateur à la ville nouvelle de Chandigarh, en passant par les balafonistes du Burkina Faso et les danseurs sur braises du nestinarstvo, les recherches présentées ici témoignent des nombreux acteurs locaux qui s’invitent à la table de la patrimonialisation, négociant avec les instances internationales, développant des stratégies variées pour bénéficier d’une nouvelle ressource économique, asseoir leur pouvoir ou affirmer leur singularité, interrogeant notre regard occidentalocentré sur la notion de patrimoine. Au-delà des différences de contexte, les auteurs questionnent en particulier les rapports entre mécanismes institutionnels, pratiques sociales et logiques de développement à l’œuvre dans la formation d’un paradigme patrimonial – plus qu’un modèle – qui contribue à redéfinir les dynamiques culturelles contemporaines.

Olivier Givre est anthropologue et maître de conférences à l’Université Lumière Lyon 2. Il a publié récemment Faire frontière(s) : raisons politiques et usages symboliques (Karthala, 2015), avec Carine Chavarochette et Magali Demanget.

Madina Regnault, docteure en socio-anthropologie du développement, est chercheuse associée à l’IREST (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).


Table des matières +

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Du patrimoine comme objet
à la patrimonialisation comme processus
Olivier Givre & Madina Regnault

I. AU PLUS PRÈS DES « SUJETS PATRIMONIAUX » : 
TOURISME ET (RÉ)INVENTIONS CULTURELLES

Balafon et tourisme en pays lobi (Burkina Faso) : 
un « patrimoine vivant » au service du développement ?
Bertrand Royer

Tourisme communautaire et mise en patrimoine 
dans la communauté shuar de Chico-Méndez (Équateur)
Julie Carpentier

L’artisanat d’art nigérien, de la mise en patrimoine à la mise en tourisme :
entre politiques nationales et aide internationale
Audrey Boucksom

II. JEUX D’ÉCHELLES, ENJEUX POLITIQUES 
ET PERFORMATIVITÉ PATRIMONIALE

La production du patrimoine musical malien
Anaïs Pourrouquet

La patrimonialisation de fêtes de transhumance au Mali : 
entre jeux identitaires et scène politique
Anaïs Leblon

Le nestinarstvo (Bulgarie) :
un patrimoine culturel immatériel entre relocalisation
et remise en circulation, « tradition » et développement
Olivier Givre

III. GESTIONS ET QUESTIONS PATRIMONIALES 
DE L’ESPACE POSTCOLONIAL

Angkor, patrimoine mondial, imaginaire national
et inégalités socioéconomiques
Sébastien Preuil

Chandigarh, une ville indienne entre patrimoine urbain et patrimoine idéologique
Anna Dewaele

L’art public à Johannesburg :
facteur de développement urbain et « patrimoine en devenir » ?
Pauline Guinard

Postface

« Un souffle venu des ancêtres »
Françoise Vergès


Disciplines

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